Il fallait y penser… . A mainte reprise cela a été pensé, monté hélas peu ou pas de suite. Il fallait y croire et le vouloir intensément ce projet, une notion essentielle qui a fait défaut aux prédécesseurs mais sûrement pas à la nouvelle génération.
Tanmanssi Dancer Factory est un atelier de danse, aussi jeune que son concepteur de 24ans, qui a vu le jour le 20 juillet 2009 à Djibouti mais sûrement pas dans l’esprit de Bariq « BaRrryck »R. Effectivement, cet atelier s’est nourri depuis quelques années de son intérêt pour la danse, la musique et l’écriture qui sont à ses yeux des notions de partage, des moyens de rencontres et d’expression.
Cet atelier de formation est donc une aventure humaine et artistique qui répond à une jeune génération Djiboutienne désireuse de se rencontrer dans le but de créer leur propre style de danse et à la recherche de conseils, de structures adaptées ainsi qu’une formation.
Dans un premier temps, l’atelier se donne comme modeste objectif de promouvoir la pratique de la danse, l’initiation et au perfectionnement aux techniques de danse urbaine. Une danse urbaine fraîchement accueillie dans la capitale dont les jeunes ont réussi à se l’approprier en montant leurs propres chorégraphies. Mais il leur fallait un atelier comme lieu de rencontre et de travail, un jeune chorégraphe ambitieux pour la touche artistique et professionnelle.
A long terme, ce projet a pour ambition de devenir une véritable institution du nom de Tanmanssi Dance Campany. Elle se définie comme une structure centrée sur l’initiation à la danse urbaine mais également utile à la formation de danseurs pour leur épanouissement personnel. C’est une manière de provoquer une rencontre entre la danse et la jeunesse Djiboutienne curieuse et riche en diversité tant culturelle qu’en idées novatrices.
A l’avenir Bariq « BaRrryck » espère valoriser les richesses culturelles et créatives des jeunes hors des frontières Djiboutiennes. C’est une occasion aussi de pousser les amateurs à passer, un jour, professionnels s’ils le désirent. Cela nécessite évidemment un investissement certain et sans faille de la part des jeunes intéressés par cet atelier qui, à court terme, espèrent présenter un show pour donner une idée du travail réalisé avec l’ensemble de l’équipe présente actuellement sur place.
Mais revenons à l’essentiel de ce projet à savoir BaRrryck R. qui a longtemps pensé et imaginé ce concept qui se veut pour sa première ébauche gratuit, ouvert à tous et aux aguets de toutes les nouvelles tendances.
Une rencontre avec Bariq R. est nécessaire pour mieux comprendre Tanmanssi Dance Company qui n’est autre que le fruit de son imagination.
DjibOut : Comment est né l’idée de ce projet ?
L’idée d’une telle aventure a germé dans mon esprit en 2005 au cours de mes études universitaires en Inde où l’occasion de participer à un atelier de dance organisé par un professionnel s’est présentée : c’était au Bombay Dance Center.
L’expérience a été riche en émotions et ma soif d’apprendre à peine satisfaite. C’est ainsi que la volonté de m’entraîner et de me former en participant au maximum d’atelier est née.
DjibOut : Quelle en est la finalité ?
« Forme-toi le plus possible pour mieux partager ». Cette phrase résume assez bien l’idée de départ de mon atelier. Pour donner sens à mon engagement et garder la motivation lors de mes entraînements, je me suis fixé un but bien précis. Celui de partager un jour mon expérience avec d’autres danseurs et de les aider à développer leurs talents tout en gardant le style de chacun.
L’idée première a été de mettre en place le Tanmanssi Dancer Factory qui sera une première ébauche d’un réel projet. Il a pour objectif de former et de travailler avec des jeunes danseurs pour organiser un show pour les mois à venir avant mon retour en novembre à mes études universitaires.
La Tanmanssi Dance Campany a pour ambition de devenir un jour une vraie institution voir une école de référence pour la danse urbaine à Djibouti. Elle espère accueillir plus de jeunes qui une fois formés pourront par la suite réaliser leurs propres projets et étoffer leurs univers respectifs.
Ce sera également une occasion pour les jeunes Djiboutiens de montrer et partager leurs talents en dehors du pays car pour l’instant, Djibouti ne participe à aucun évènement de danse urbaine souvent organisé en Afrique.
DjibOut : Au-delà de l’ambition, de l’envie, de votre amour pour cet art, comment avez-vous réellement construit ce projet ? Du fait de votre jeune âge, la question de l’expérience dans la création d’une « pseudo entreprise » peut se poser ?
(Rire…)Peut être. Disons que je ne me pose pas autant de question sinon je n’y serais certainement pas arrivé. Mais faut dire que mes études dans mon école de commerce au Maroc ont contribué à mon intérêt et surtout aider à suivre les points essentiels pour monter un projet.
D’autre part, lors des festivités pour la journée mondiale de lutte contre le Sida au Maroc, j’ai organisé quelques ateliers de danse avec l’aide d’amis sur place comme Idyle Abdi également étudiante. Cette expérience a été un test plutôt positif ce qui m’a beaucoup aidé à me lancer sur un réel projet.
DjibOut : Parlez nous de ce projet à Djibouti ? Comment s’est-il organisé ?
Les entraînements se déroulent à l’I.D.A, institut des arts, 4 après midi par semaine de 15h30 à 18h30 avec plus d’une trentaine de jeunes danseurs. J’ai la chance d’être épaulé par mes amis de longues dates pour m’aider pour l’ensemble de l’organisation.
Ce projet n’aurait sûrement pas vu le jour sans la directrice de l’I.D.A à savoir Hasna Maki qui nous a donné l’opportunité de disposer gratuitement d’une grande salle pour les entraînements. Elle a soutenu ce projet. J’ai bénéficié de ses encouragements et de ses conseils dans ce milieu artistique qu’elle a tant défendu à Djibouti.
Cet atelier est donc basé sur une entraide intergénérationnelle qui a pour objectif de voir aboutir cette formation initiale en show vers la fin du mois d’octobre.
Zeinab Ismaël

